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Réflexions sur le projet de village olympique au fort des Têtes
Un seul village olympique pour Montgenèvre et Serre Chevalier
L'idée directrice de ce projet est la réalisation d'un seul village pour les deux sites de compétitions de Montgenèvre et Serre Chevalier (Villeneuve-la-Salle). Elle traduit aussi la volonté d'insérer Briançon dans les activités olympiques des Hautes-Alpes et de profiter de cette opportunité pour rénover le site du FTT et en faire, par la suite, un usage utile, en l'occurrence un nouveau quartier de Briançon.
Indépendamment du choix du lieu d'implantation, le principe du village unique pour les deux sites de compétition appelle plusieurs remarques :
- c'est d'abord compliquer sérieusement l'acheminement des athlètes et de leurs accompagnateurs ; transfert par la route nécessitant pour les deux sites la traversée (difficile de Briançon) ; intensité de la circulation dans la vallée de la Guisane (RD 1091) pour rejoindre Villeneuve et incertitude sur la viabilité hivernale de la RN 94 pour atteindre Montgenèvre.
- les faibles avantages résultant du regroupement en raison du peu de synergie dans les besoins des compétiteurs des diverses épreuves.
- l'éloignement de la ville ou des centres des stations pour les utilisateurs du village et donc la faible intégration des activités olympiques dans la vie locale du Briançonnais.
- ces difficultés peuvent conduire certaines délégations à ne pas utiliser le village olympique (comme cela s'est produit à Cortina).
Un village olympique au Fort des Têtes
Le site nécessite d'importants travaux d'adaptation des bâtiments existants et les caractéristiques demandées pour le village olympique semblent rendre indispensable la création d'importants locaux provisoires qui seraient supprimés après les jeux.
Mais l'implantation du village olympique dans le fort rend nécessaire la résolution d'autres questions importantes :
- L'accès routier et le stationnement
Indépendamment des difficultés de la route d'accès jusqu'à Fontchristiane, la route de montée au fort nécessiterait les améliorations nécessaires à la circulation de camions tant pour la période des travaux que pour la vie courante du nouveau quartier projeté. Les travaux indispensables seront délicats à réaliser, se situant dans le périmètre classé par l'UNESCO. L'aménagement du carrefour de cette route avec la RD 902 et l'accès à la déchetterie est sans doute assez difficile à réaliser en raison du faible espace disponible.
La question du stationnement des véhicules dans le fort ou à sa proximité ne peut être éludée en particulier la solution retenue ne doit pas porter préjudice au classement du site.
- L'accès par téléporté
Divers projets ont déjà été évoqués mais que ce soit un départ de la Schappe ou du Champ de Mars la question du stationnement semble insurmontable – les parkings actuels étant déjà bien souvent saturés même hors pointes de fréquentation touristique. La gestion et le fonctionnement du téléporté doivent être définis (exploitant, horaires, tarifs…)
- Le raccordement aux autres réseaux
Même si l'armée avait, lorsqu'elle utilisait les lieux, l'eau, l'électricité et le téléphone, il est clair que tous les raccordements aux réseaux aujourd'hui utilisés sont à faire ou refaire en tenant compte de l'utilisation des lieux pour les JO et celle envisagée pour la suite. La principale difficulté résidant dans l'exécution de travaux de génie civil dans un site classé.
… / …
- L'héritage et la commercialisation des logements réalisés
Même si l'idée de la réalisation d'un nouveau quartier de Briançon est séduisante, la transformation envisagée du Fort des Têtes rencontrera plusieurs difficultés parmi lesquelles :
> L'isolement du reste de l'agglomération et les difficultés d'accès, malgré le téléporté envisagé, risquent d'écarter une clientèle active, même aisée.
> Le prix de vente et le montant des charges prévisibles, justifiés par le classement risquent aussi d'être dissuasives pour des acquéreurs potentiels.
Conclusion
L'implantation d'un village olympique au Fort des Têtes est un pari risqué tant pour un déroulement satisfaisant des jeux que pour arriver à un "héritage" commercialisable et commercialisé dans de bonnes conditions de prix et de délais.
Le premier risque est celui de l'achèvement des travaux d'adaptation dans les délais impartis ; la réalisation de travaux en urgence est en général l'origine de surcouts immédiats et souvent de malfaçons couteuses à moyen terme voire d'abandon d'une partie du projet. Ce risque est d'autant plus à prendre en compte que d'autres solutions efficientes et beaucoup moins couteuses existent pour le logement des athlètes, de leurs accompagnants et des personnels de support et de sécurité.
L'idée à priori séduisante de faire du Fort des Têtes un nouveau quartier de la ville de Briançon risque de souffrir d'inadaptations majeures :
- une attractivité du site réduite par les conditions climatiques du lieu qui est constamment venté et particulièrement froid, cette situation peut entrainer des difficultés pour la commercialisation ultérieure des logements construits.
- la réalisation de ce nouveau quartier nécessitera des apports financiers importants or les expériences passées d'aménagement de ce lieu ont montré le peu d'intérêt de grands organismes financiers pour ce type d'opérations et le risque est alors grand de pallier ce désintérêt par des participations financières des collectivités locales, ce qui n'est bien évidemment souhaitable ni pour la ville de Briançon ni pour la Communauté de communes.
C'est pour ces raisons que le projet d'installation d'un village olympique au Fort des Têtes doit être réduit voire abandonné et remplacé, pour les épreuves prévues à Montgenèvre, par l'utilisation des capacités hotellières de cette station et celles de Briançon (1) ; pour les épreuves devant se dérouler à Serre Chevalier, la commune de La Salle dispose de milliers de lits touristiques mobilisables et leur utilisation éviterait une grande part des difficultés de circulation sur la RD 1091 (2).
(1) L'opportunité d'un ascenseur "valléen" de La Vachette (ou les Alberts) à Montgenèvre prendrait alors tout son sens tant pour le déroulement des Jeux que pour alléger la circulation dans le col en "héritage".
(2) La présente note ne traite pas de la reconstruction de la Schappe qui sera utile pour les JO quelque soit la solution retenue pour le logement des athlètes et l'implantation des services nécessaires au déroulement des Jeux.
OOOOO
JDS 260610 FTT v3
Un seul village olympique pour Montgenèvre et Serre Chevalier
L'idée directrice de ce projet est la réalisation d'un seul village pour les deux sites de compétitions de Montgenèvre et Serre Chevalier (Villeneuve-la-Salle). Elle traduit aussi la volonté d'insérer Briançon dans les activités olympiques des Hautes-Alpes et de profiter de cette opportunité pour rénover le site du FTT et en faire, par la suite, un usage utile, en l'occurrence un nouveau quartier de Briançon.
Indépendamment du choix du lieu d'implantation, le principe du village unique pour les deux sites de compétition appelle plusieurs remarques :
- c'est d'abord compliquer sérieusement l'acheminement des athlètes et de leurs accompagnateurs ; transfert par la route nécessitant pour les deux sites la traversée (difficile de Briançon) ; intensité de la circulation dans la vallée de la Guisane (RD 1091) pour rejoindre Villeneuve et incertitude sur la viabilité hivernale de la RN 94 pour atteindre Montgenèvre.
- les faibles avantages résultant du regroupement en raison du peu de synergie dans les besoins des compétiteurs des diverses épreuves.
- l'éloignement de la ville ou des centres des stations pour les utilisateurs du village et donc la faible intégration des activités olympiques dans la vie locale du Briançonnais.
- ces difficultés peuvent conduire certaines délégations à ne pas utiliser le village olympique (comme cela s'est produit à Cortina).
Un village olympique au Fort des Têtes
Le site nécessite d'importants travaux d'adaptation des bâtiments existants et les caractéristiques demandées pour le village olympique semblent rendre indispensable la création d'importants locaux provisoires qui seraient supprimés après les jeux.
Mais l'implantation du village olympique dans le fort rend nécessaire la résolution d'autres questions importantes :
- L'accès routier et le stationnement
Indépendamment des difficultés de la route d'accès jusqu'à Fontchristiane, la route de montée au fort nécessiterait les améliorations nécessaires à la circulation de camions tant pour la période des travaux que pour la vie courante du nouveau quartier projeté. Les travaux indispensables seront délicats à réaliser, se situant dans le périmètre classé par l'UNESCO. L'aménagement du carrefour de cette route avec la RD 902 et l'accès à la déchetterie est sans doute assez difficile à réaliser en raison du faible espace disponible.
La question du stationnement des véhicules dans le fort ou à sa proximité ne peut être éludée en particulier la solution retenue ne doit pas porter préjudice au classement du site.
- L'accès par téléporté
Divers projets ont déjà été évoqués mais que ce soit un départ de la Schappe ou du Champ de Mars la question du stationnement semble insurmontable – les parkings actuels étant déjà bien souvent saturés même hors pointes de fréquentation touristique. La gestion et le fonctionnement du téléporté doivent être définis (exploitant, horaires, tarifs…)
- Le raccordement aux autres réseaux
Même si l'armée avait, lorsqu'elle utilisait les lieux, l'eau, l'électricité et le téléphone, il est clair que tous les raccordements aux réseaux aujourd'hui utilisés sont à faire ou refaire en tenant compte de l'utilisation des lieux pour les JO et celle envisagée pour la suite. La principale difficulté résidant dans l'exécution de travaux de génie civil dans un site classé.
… / …
- L'héritage et la commercialisation des logements réalisés
Même si l'idée de la réalisation d'un nouveau quartier de Briançon est séduisante, la transformation envisagée du Fort des Têtes rencontrera plusieurs difficultés parmi lesquelles :
> L'isolement du reste de l'agglomération et les difficultés d'accès, malgré le téléporté envisagé, risquent d'écarter une clientèle active, même aisée.
> Le prix de vente et le montant des charges prévisibles, justifiés par le classement risquent aussi d'être dissuasives pour des acquéreurs potentiels.
Conclusion
L'implantation d'un village olympique au Fort des Têtes est un pari risqué tant pour un déroulement satisfaisant des jeux que pour arriver à un "héritage" commercialisable et commercialisé dans de bonnes conditions de prix et de délais.
Le premier risque est celui de l'achèvement des travaux d'adaptation dans les délais impartis ; la réalisation de travaux en urgence est en général l'origine de surcouts immédiats et souvent de malfaçons couteuses à moyen terme voire d'abandon d'une partie du projet. Ce risque est d'autant plus à prendre en compte que d'autres solutions efficientes et beaucoup moins couteuses existent pour le logement des athlètes, de leurs accompagnants et des personnels de support et de sécurité.
L'idée à priori séduisante de faire du Fort des Têtes un nouveau quartier de la ville de Briançon risque de souffrir d'inadaptations majeures :
- une attractivité du site réduite par les conditions climatiques du lieu qui est constamment venté et particulièrement froid, cette situation peut entrainer des difficultés pour la commercialisation ultérieure des logements construits.
- la réalisation de ce nouveau quartier nécessitera des apports financiers importants or les expériences passées d'aménagement de ce lieu ont montré le peu d'intérêt de grands organismes financiers pour ce type d'opérations et le risque est alors grand de pallier ce désintérêt par des participations financières des collectivités locales, ce qui n'est bien évidemment souhaitable ni pour la ville de Briançon ni pour la Communauté de communes.
C'est pour ces raisons que le projet d'installation d'un village olympique au Fort des Têtes doit être réduit voire abandonné et remplacé, pour les épreuves prévues à Montgenèvre, par l'utilisation des capacités hotellières de cette station et celles de Briançon (1) ; pour les épreuves devant se dérouler à Serre Chevalier, la commune de La Salle dispose de milliers de lits touristiques mobilisables et leur utilisation éviterait une grande part des difficultés de circulation sur la RD 1091 (2).
(1) L'opportunité d'un ascenseur "valléen" de La Vachette (ou les Alberts) à Montgenèvre prendrait alors tout son sens tant pour le déroulement des Jeux que pour alléger la circulation dans le col en "héritage".
(2) La présente note ne traite pas de la reconstruction de la Schappe qui sera utile pour les JO quelque soit la solution retenue pour le logement des athlètes et l'implantation des services nécessaires au déroulement des Jeux.
OOOOO
JDS 260610 FTT v3