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Contre la construction d'un village des athlètes à Saint-Jean de Sixt

Il ne suffit pas d'apposer l'adjectif "durable" à un projet pour qu'il soit vertueux. D'autant moins à un projet d'artificialisation des sols. D'autant moins à un projet à la montagne, dont l'écologie fragile est déjà extrèmement mise à mal.

Le sport a pris une place exagérément grande dans les sociétés actuelles : il est loin d'intéresser toute la population française ni même mondiale. Je suis de ceux, nombreux mais moins bruyant, qui adorent la montagne pour la paix, la contemplation, le silence et sa beauté sauvage.
Plutôt qu'encourager encore la fabrication d'un homo-ludens décérébré, aveugle et sourd aux enjeux écologiques et climatiques dramatiques, il faudrait cultiver la mesure et regarder en face la question des limites des ressources.

D'un côté le secteur du bâtiment est responsable d'une augmentation de 50 % des émissions globales de CO2 au cours des deux dernières décennies, contribuant ainsi au réchauffement climatique. Des espèces disparaissent sous nos yeux comme le lagopède alpin dont on continue pourtant de détruire le milieu de vie.
De l'autre le tourisme de masse participe à la destruction de l'environnement et à la polution des eaux, de l'air, des sols.

On nous dit que le projet prévoit la création de logements, la reconstruction complète du centre de vacances de la CCAS, la création d’un établissement d’accueil touristique de type hôtelier ou para-hôtelier, ainsi que la réalisation d’un gymnase. Alors qu'il faudrait au contraire privilégier la réhabilitation des structures existantes, avec une économie de moyens, de ressources et d'énergie et trouver des alternatives au tout touristique et tout sportif comme seules alternatives pour faire vivre la montagne.

On nous dit que cette transformation doit permettre de "redonner vie" à un site "historiquement" tourné vers l’accueil touristique et les loisirs. Au vu des conséquences délétères que l'on connait désormais pour l'un comme pour lautre, n'est-il pas temps d'imaginer un autre avenir que le tourisme et le loisir pour le massif des Aravis ?

Ce projet va dans le sens opposé au bien commun et, sous le couvert désormais réducteur d'un développement du loisir et du tourisme, ne sert que les intérêts économiques de quelques uns. Pas de plans, pas de budget, pas de proposition de solutions alternatives, juste une plaquette à la gloire du projet : total déni démocratique et environnemental.