Déposer une contribution et consulter les avis

Retour vers Déposer une contribution et consulter les avis

Projet intransmissible aux générations futures

Depuis 2008, les fortifications de Vauban sont inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO. Cette inscription est justifiée par leur "valeur exceptionnelle" reposant sur: "le fait qu'elles représentent un chef d'œuvre du génie créateur humain. Le fait qu'elles offrent un exemple éminent d'un type de construction illustrant une des périodes significatives de l'histoire humaine."
Le Fort des Trois Têtes à Briançon est l'illustration de ce classement adopté par la conférence générale de L'UNESCO. Sur le fondement du constat "que le patrimoine culturel est de plus en plus menacé par l'évolution de la vie sociale et économique qui aggrave par des phénomènes d'altération ou de destruction encore plus redoutables." (Convention adoptée en novembre 1972). Le prétexte de réhabilitation du site du fort des Trois Têtes aux motifs provisoire et futile de loger des athlètes pour participer à des Jeux Olympiques est en lui-même constitutif de la dégradation par l'exercice ponctuel de "vie sociale et économique " dénoncé par les signataires de la Convention de l'UNESCO. La justification selon laquelle, d'après SOLIDEO, le projet verrait le jour dans" trois bâtiments conformément aux plans initiaux de Vauban, qui n'avaient jamais pu être achevés" est une insulte à la mémoire de l'architecte militaire de Louis XIV. Aucun des matériaux nobles employés à la construction de ces édifices ne pourrait en quatre années être mis en œuvre dans ces bâtiments qualifiés "d'inachevés ". D'ailleurs, le choix même du site résultait d'une stratégie militaire de restriction physique de son accessibilité alors que paradoxalement, il est question aujourd'hui de faciliter l'accueil de personnes de passage pour un évènement ponctuel.
Au grand damne de ce site classé et en dépit de toute logique, ce sera place aux matériaux contemporains de construction que sont blocs de béton cellulaire,treillis métalliques, imperméabilisants, chapes, constituants plastiques et autres isolants thermiques, phoniques ou ignifugé, tous autant polluants les uns que les autres, sur un site datant du XVIIeme siècle. Tout ce que Monsieur Sébastien Le Prestre de Vauban et les artisans bâtisseurs d'une époque que notre temps s'ingénie à défaire. La Convention UNESCO de 1972, dans son article 4 stipule que "chacun des États partie reconnaît que l'obligation d'assurer...la protection, la conservation, la mise en valeur et la transmission aux générations futures du patrimoine culturel situé sur son territoire, lui incombe en premier chef. Ce projet de "réhabilitation" du fort des Trois Têtes engage un État souverain à renier son engagement devant l'UNESCO, sous l'intimation d'un organisme certes international mais, non gouvernemental.