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Avis defavorable

AVIS DÉFAVORABLE À L’AMÉNAGEMENT DU SITE DES CONFINS

Contribution à la concertation préalable relative au projet d’aménagement du site de compétition de ski de fond de La Clusaz – Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030

Préambule

Par la présente contribution, je souhaite exprimer un avis résolument défavorable au projet d’aménagement du site des Confins dans sa forme actuelle.

Cette opposition ne constitue nullement une opposition au sport, aux athlètes ou aux valeurs olympiques. Elle porte sur le choix du site, l’ampleur des transformations envisagées, la méthode employée, le caractère tardif de la concertation, ses conditions démocratiques, ses conséquences environnementales, économiques et foncières, ainsi que sur la disproportion entre les investissements publics engagés et l’usage attendu de ces infrastructures.

Le projet actuellement présenté prévoit notamment l’adaptation et le nivellement des pistes, des terrassements, la sécurisation et l’extension du réseau de neige, un ouvrage de franchissement sous la route des Confins, la modification de la voirie et des stationnements, une plateforme provisoire et l’agrandissement du foyer nordique et des locaux techniques. Son coût est aujourd’hui estimé à 13,5 millions d’euros. (CNDP⁠)

Or, il ne s’agit pas d’un espace vierge ou sans usages : le plateau des Confins accueille déjà des activités nordiques, sportives, touristiques et agricoles et constitue un espace naturel et paysager majeur de La Clusaz. (participationcitoyenne.solideo-2030.com⁠)



I. UNE DÉCISION OLYMPIQUE ENGAGÉE SANS VÉRITABLE DÉBAT PUBLIC NATIONAL PRÉALABLE

La première question qui doit être posée est celle de la légitimité démocratique de la candidature française.

La France a engagé une candidature aux Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2030 sans qu’une consultation populaire nationale permettant aux citoyens de se prononcer sur l’opportunité même de cette candidature ait été organisée en amont.

Cette absence est d’autant plus regrettable que les Jeux ne constituent pas un simple événement sportif : ils impliquent des engagements financiers publics considérables, des garanties de l’État, des infrastructures nouvelles et des conséquences environnementales et foncières susceptibles de s’étendre sur plusieurs décennies.

Le Comité international olympique a finalement attribué les Jeux aux Alpes françaises le 24 juillet 2024. Le processus français s’est donc trouvé engagé avant que les populations directement concernées puissent réellement débattre de l’opportunité, des conséquences et des alternatives de cette candidature. (IOC Newsroom⁠)

Il convient également de rappeler que le processus international a fait intervenir plusieurs candidatures, notamment celles de la Suède, de la Suisse et des États-Unis, avec des modalités de préparation et de consultation propres à chacun des territoires.

La comparaison avec ces candidatures montre à tout le moins qu’une candidature olympique peut faire l’objet d’un processus politique et démocratique spécifique avant l’engagement définitif.

En France, le débat démocratique intervient donc après l’attribution des Jeux et après les engagements institutionnels, lorsqu’il devient beaucoup plus difficile de remettre en cause le principe même du projet.

Cette chronologie pose une question fondamentale :

comment une concertation locale peut-elle réellement débattre de l’opportunité d’un équipement lorsqu’elle intervient après que la France a obtenu l’organisation des Jeux et que le site des Confins a déjà été retenu ?



II. UNE CONCERTATION QUI INTERVIENT APRÈS DES ENGAGEMENTS MAJEURS

La concertation préalable est présentée comme un moyen d’associer le public à la définition du projet.

Pourtant, les faits montrent que le projet est déjà largement engagé.

SOLIDEO Alpes 2030 a déjà lancé une procédure de marché de maîtrise d’œuvre pour l’aménagement du site des Confins. Cette procédure comprenait notamment les études et missions relatives aux pistes, au réseau de neige, au tunnel sous la route, à la voirie, aux stationnements et à la plateforme provisoire destinée au COJOP. (France Marchés⁠)

Plus encore, le calendrier officiel prévoit :

• une validation de l’avant-projet en octobre 2026 ;
• un démarrage des premiers travaux à l’automne 2027, sous réserve des autorisations nécessaires ;
• une épreuve test en 2029 ;
• une livraison du site au COJOP en septembre 2029.

(participationcitoyenne.solideo-2030.com⁠)

La concertation se déroule quant à elle du 27 août au 8 octobre 2026. (CNDP⁠)

Cette chronologie donne le sentiment que la concertation ne porte plus véritablement sur l’opportunité du projet, mais principalement sur ses modalités d’exécution.

Or une concertation préalable digne de ce nom devrait permettre de discuter réellement :

« Faut-il réaliser ce projet ? »

et pas seulement :

« Comment allons-nous réaliser le projet qui a déjà été décidé ? »



III. L’ABSENCE D’UN VÉRITABLE SCÉNARIO ALTERNATIF PLACE LES OPPOSANTS DANS UNE IMPASSE

Un autre élément particulièrement préoccupant est l’absence, dans le projet présenté, d’un véritable scénario alternatif permettant d’accueillir les épreuves sans transformer durablement le site des Confins.

La concertation devrait permettre une confrontation loyale entre plusieurs solutions :

• maintien du site dans son état actuel ;
• aménagement minimal ;
• infrastructures temporaires et démontables ;
• utilisation d’un autre site ;
• adaptation des exigences sportives ;
• mutualisation avec des infrastructures existantes ;
• ou, à défaut, scénario de renoncement au projet des Confins.

Or le dossier présenté repose sur le principe que les Confins doivent accueillir les épreuves et cherche essentiellement à déterminer comment adapter le site à cette obligation.

Cela crée une asymétrie fondamentale dans le dialogue.

Les personnes favorables au projet disposent d’un scénario concret.

Les personnes qui s’y opposent ne disposent, quant à elles, d’aucun véritable « plan B » permettant de répondre à l’objectif olympique sans accepter le projet proposé.

La concertation risque ainsi de devenir une procédure de légitimation d’une décision déjà prise plutôt qu’un véritable processus permettant au public d’influer sur le choix.

Cette situation est d’autant plus regrettable que la CNDP rappelle précisément que les garants doivent veiller à ce que chacun puisse s’exprimer et que la concertation permette de confronter les orientations du projet aux attentes et aux usages du territoire. (participationcitoyenne.solideo-2030.com⁠)



IV. LE DROIT DE PROPRIÉTÉ ET LA PRESSION FONCIÈRE

La question foncière constitue un point particulièrement sensible.

Le projet concerne un territoire sur lequel des propriétaires, exploitants et acteurs économiques ont construit leur activité et leur patrimoine sur plusieurs générations.

Ces personnes ne sont pas de simples « emprises foncières » nécessaires à la réalisation d’un équipement olympique.

Elles sont les acteurs historiques du territoire.

Elles ont participé pendant des décennies à l’entretien du site, à son développement économique et à la préservation de son équilibre.

Il serait profondément injuste que ces mêmes personnes soient aujourd’hui considérées comme des obstacles à la réalisation d’un projet décidé à l’échelle nationale et internationale.

Le droit de propriété est constitutionnellement protégé. Une atteinte à ce droit ne peut être justifiée que dans les conditions prévues par la loi et notamment pour cause d’utilité publique, avec une juste et préalable indemnisation.

Dès lors, si des acquisitions foncières devaient devenir nécessaires, il est indispensable que soient publiquement précisés :

• les parcelles concernées ;
• les surfaces nécessaires ;
• la nature exacte des acquisitions ;
• les servitudes envisagées ;
• les conséquences sur les activités existantes ;
• les mesures d’indemnisation ;
• et les garanties offertes aux propriétaires et exploitants.

Il serait également particulièrement préoccupant que des propriétaires se sentent contraints d’accepter une cession par crainte de conséquences ultérieures ou de procédures d’expropriation.

Une concertation ne peut être libre que si chacun peut y participer sans craindre que son opposition soit ensuite utilisée contre lui.

Il est donc demandé que les garants et le maître d’ouvrage garantissent explicitement l’absence de toute forme de pression ou de représailles à l’égard des propriétaires, exploitants et acteurs économiques exprimant publiquement leur opposition.



V. UNE POSSIBLE DÉVALORISATION ET UNE FORME DE SPOLIATION DU PATRIMOINE LOCAL

Au-delà des éventuelles acquisitions, le projet pose une question beaucoup plus large : celle de la dévalorisation du patrimoine immobilier et économique des personnes qui vivent et travaillent aux Confins.

La transformation d’un espace naturel, l’augmentation des flux, les travaux, la modification des circulations, les nuisances, les infrastructures techniques et les nouveaux équipements peuvent modifier profondément l’environnement immédiat des propriétés et des activités existantes.

Le préjudice ne saurait donc être limité à la seule valeur d’une éventuelle parcelle acquise.

Il faut également considérer :

• la perte de jouissance ;
• les nuisances temporaires ;
• les perturbations des accès ;
• la perte éventuelle de clientèle ;
• les difficultés d’exploitation ;
• la dégradation du cadre paysager ;
• les contraintes permanentes liées aux nouveaux équipements ;
• et la perte de valeur patrimoniale ou économique.

Une indemnisation correspondant uniquement à la valeur vénale d’un terrain ne saurait nécessairement réparer l’ensemble de ces préjudices.



VI. LES CONFINS : UN ESPACE QUE LES POLITIQUES LOCALES ONT HISTORIQUEMENT CHERCHÉ À PRÉSERVER

Le caractère particulièrement sensible du projet tient également à l’histoire même de la protection des Confins.

Depuis plusieurs décennies, le territoire des Confins fait l’objet d’une volonté de préservation et de maîtrise de l’urbanisation.

Cette orientation apparaît aujourd’hui encore dans les documents d’urbanisme de La Clusaz.

Le PLU identifie notamment un secteur de protection du lac des Confins, au titre des dispositions du Code de l’urbanisme relatives à la protection des rives des plans d’eau en zone de montagne. Le règlement y limite fortement les possibilités d’aménagement et privilégie notamment les installations légères, démontables et liées aux activités agricoles, pastorales, forestières, à la promenade et aux loisirs de plein air. (Mairie de La Clusaz (74)⁠)

Cette protection n’est donc pas une invention récente des opposants au projet.

Elle traduit au contraire une politique publique ancienne de préservation de cet espace.

Il serait pour le moins paradoxal que des règles d’urbanisme aient pendant des décennies cherché à contenir l’urbanisation et la transformation du site, pour que celles-ci soient aujourd’hui partiellement remises en cause au nom d’un événement sportif temporaire.

La question qui se pose est donc la suivante :

Pourquoi ce qui était considéré comme trop impactant pour les Confins hier deviendrait-il acceptable aujourd’hui simplement parce qu’il est présenté comme nécessaire aux Jeux Olympiques ?



VII. UN PROJET QUI MENACE L’ÉQUILIBRE ÉCONOMIQUE DES ACTEURS HISTORIQUES DU SITE

Les Confins ne sont pas uniquement un espace naturel.

C’est également un lieu de vie et d’activité économique.

Des professionnels y travaillent depuis des décennies et ont développé leurs activités en cohérence avec le caractère particulier du site.

Or le projet risque de provoquer d’importantes perturbations pendant plusieurs années.

Il ne faut surtout pas réduire l’impact économique aux seules semaines de compétition olympique.

Les nuisances commenceront bien avant 2030 :

• travaux préparatoires ;
• terrassements ;
• circulation des engins ;
• stockage de matériaux ;
• modifications de voirie ;
• restrictions de circulation ;
• bruit ;
• poussières ;
• perturbation des accès ;
• modification des stationnements ;
• perturbation de la clientèle ;
• puis épreuve test en 2029.

Le calendrier officiel prévoit lui-même une épreuve test dès l’hiver 2029 et une livraison du site au COJOP en septembre 2029. (participationcitoyenne.solideo-2030.com⁠)

L’impact économique ne sera donc pas celui d’une seule année olympique.

Il s’étendra sur plusieurs saisons touristiques et pourra fragiliser précisément les acteurs économiques qui ont permis au site de vivre et de se développer jusqu’à aujourd’hui.



VIII. UNE QUESTION PARTICULIÈREMENT PRÉOCCUPANTE : AU PROFIT DE QUI LE SITE EST-IL TRANSFORMÉ ?

Il est également nécessaire de s’interroger sur la répartition réelle des bénéfices et des contraintes du projet.

Les acteurs économiques locaux supporteront une partie des nuisances, des contraintes et des pertes potentielles.

Parallèlement, des entreprises extérieures et des prestataires liés à l’organisation des Jeux pourront bénéficier de marchés publics et de contrats liés aux travaux.

Il serait donc particulièrement choquant que les professionnels historiques du site soient contraints de subir les conséquences du projet tandis que des acteurs extérieurs, directement ou indirectement bénéficiaires des marchés olympiques, profiteraient de la transformation du territoire.

La puissance publique doit démontrer que le projet bénéficie prioritairement au territoire et à ses habitants, et non qu’il transforme un espace local au profit d’intérêts économiques extérieurs.

La question des retombées économiques locales doit donc être documentée de manière précise.



IX. UN COÛT DE 13,5 MILLIONS D’EUROS POUR UN SITE DESTINÉ À UNE ÉPREUVE OLYMPIQUE : UNE QUESTION DE PROPORTIONNALITÉ

Le coût annoncé du projet est de 13,5 millions d’euros, comprenant 7,9 millions d’euros de travaux d’aménagement et 5,6 millions d’euros de travaux de bâtiment. (CNDP⁠)

Selon les éléments financiers communiqués dans le cadre du projet, ce montant représente notamment environ 9,74 millions d’euros financés par l’État et la Région et 3,76 millions d’euros par les collectivités infra-régionales, soit environ 13,50 millions d’euros de financement public.

Autrement dit, ce sont les contribuables qui financent l’essentiel de l’opération.

Une question fondamentale doit donc être posée :

Quel est le coût réel de cette opération rapporté au nombre de jours d’utilisation olympique et paralympique ?

Et surtout :

quelle serait la justification d’un tel investissement si les mêmes objectifs sportifs pouvaient être atteints avec des aménagements temporaires, démontables et beaucoup moins coûteux ?

Cette question est d’autant plus importante que les promoteurs des Jeux d’Alpes 2030 ont mis en avant un modèle présenté comme plus sobre, plus responsable et fondé sur la réutilisation maximale des infrastructures existantes.

Le CIO lui-même mettait en avant, lors de l’évaluation de la candidature française, les bénéfices environnementaux, économiques et sociaux de long terme ainsi que la volonté de répondre aux enjeux du changement climatique. (Anocolympic⁠)

Il est donc légitime de demander que le projet des Confins soit évalué à l’aune de ces engagements.

13,5 millions d’euros pour transformer durablement un site naturel afin d’accueillir une compétition temporaire est-il réellement compatible avec la promesse de Jeux sobres et responsables ?



X. UNE CONTRADICTION MAJEURE AVEC L’AMBITION DE « JEUX OLYMPIQUES PROPRES »

Le projet prévoit notamment des terrassements, du nivellement, la correction des dévers, l’épierrement des emprises, l’extension du réseau de neige, l’augmentation des capacités de snowfarming et la construction d’un ouvrage de franchissement sous la route. (CNDP⁠)

Ces interventions ne sont pas neutres.

Elles impliquent :

• consommation de matériaux ;
• utilisation d’engins de chantier ;
• émissions de gaz à effet de serre ;
• artificialisation ou modification des sols ;
• perturbation des milieux naturels ;
• consommation énergétique ;
• consommation d’eau liée à la production de neige ;
• modification durable du paysage.

Le diagnostic écologique et paysager est d’ailleurs encore en cours et les études relatives à la production et au stockage de neige ainsi qu’aux impacts environnementaux sont toujours en cours au moment de la concertation. (participationcitoyenne.solideo-2030.com⁠)

Cela pose une question de méthode :

comment demander au public de se prononcer définitivement alors que certaines études déterminantes concernant les impacts environnementaux ne sont pas encore achevées ?

La prudence devrait conduire à attendre les conclusions complètes de ces études avant de figer le projet.



XI. L’ARGUMENT DE « L’HÉRITAGE » NE PEUT PAS JUSTIFIER À LUI SEUL LE PROJET

Le maître d’ouvrage présente le projet comme un investissement permettant de laisser un « héritage » durable au territoire. (CNDP⁠)

Cet argument mérite d’être sérieusement interrogé.

Un héritage n’est positif que lorsqu’il répond réellement aux besoins futurs du territoire.

Il ne suffit pas de construire une infrastructure pour pouvoir la qualifier d’héritage.

Il faut démontrer :

• qui l’utilisera après 2030 ;
• à quelle fréquence ;
• à quel coût ;
• avec quelle fréquentation ;
• avec quelles recettes ;
• avec quels coûts d’entretien ;
• et pendant combien de décennies.

Sinon, le risque est de créer un héritage financier et environnemental imposé aux générations futures, plutôt qu’un héritage utile.



XII. LA NÉCESSITÉ D’UNE ÉTUDE COMPARATIVE AVEC UN SCÉNARIO « ZÉRO » ET DES SOLUTIONS TEMPORAIRES

Avant toute décision définitive, il apparaît indispensable d’imposer une véritable étude comparative comprenant au minimum :

Scénario 1 – Projet actuel

Transformation des Confins telle que proposée par SOLIDEO.

Scénario 2 – Aménagement minimal

Réduction drastique des terrassements et utilisation maximale des infrastructures existantes.

Scénario 3 – Solution temporaire

Installations démontables permettant l’accueil des Jeux sans créer d’infrastructures lourdes permanentes.

Scénario 4 – Autre site

Étude objective de la possibilité d’accueillir les épreuves sur un autre site existant ou moins sensible.

Scénario 5 – Renoncement au projet des Confins

Maintien du site dans son fonctionnement actuel et recherche d’une solution olympique alternative.

Ces scénarios devraient être comparés selon :

• coût d’investissement ;
• coût d’exploitation ;
• coût d’entretien ;
• émissions de CO₂ ;
• consommation d’eau ;
• consommation énergétique ;
• artificialisation ;
• biodiversité ;
• impact paysager ;
• impact sur les propriétaires ;
• impact sur les activités économiques ;
• coût pour le contribuable ;
• et utilité après 2030.

Sans cette comparaison, le public ne dispose pas des éléments nécessaires pour apprécier la proportionnalité du projet.



XIII. DEMANDE DE GARANTIES CONCRÈTES

Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, je demande que les garanties suivantes soient apportées avant toute poursuite du projet :

1. Publication de l’ensemble des études environnementales, paysagères, hydrologiques et économiques, y compris les études encore en cours.
2. Publication précise du foncier concerné, des propriétaires impactés et des surfaces susceptibles d’être acquises ou grevées de servitudes.
3. Engagement public de privilégier les acquisitions amiables et de ne pas exercer de pression sur les propriétaires qui expriment leur opposition.
4. Présentation d’un véritable scénario alternatif, permettant de mesurer concrètement les conséquences d’un abandon ou d’une réduction substantielle du projet.
5. Étude sérieuse d’une solution temporaire et démontable pour les seules infrastructures nécessaires aux Jeux.
6. Publication du coût global réel du projet, incluant les études, acquisitions foncières, travaux, coûts d’entretien, fonctionnement et remise en état.
7. Publication du bilan carbone complet du projet, depuis les travaux jusqu’à l’exploitation et l’héritage.
8. Évaluation de l’impact économique sur les professionnels du site pendant toute la période des travaux, et pas uniquement pendant les Jeux.
9. Garantie d’une absence de représailles ou de pression à l’encontre des propriétaires, exploitants et professionnels qui s’opposent au projet.
10. Démonstration de la compatibilité du projet avec les documents d’urbanisme et les objectifs de protection du site des Confins.



CONCLUSION : UN AVIS DÉFAVORABLE

Le projet des Confins concentre aujourd’hui une série de contradictions majeures.

On nous promet des Jeux sobres mais on prévoit des transformations lourdes.

On nous promet des Jeux respectueux de l’environnement mais certaines études environnementales sont encore en cours.

On nous promet un héritage pour le territoire mais ce sont les générations futures qui devront financer et entretenir les infrastructures.

On nous parle de concertation alors que la candidature olympique est déjà engagée, que le site est déjà retenu et qu’un marché de maîtrise d’œuvre a déjà été lancé.

On nous demande notre avis mais aucun véritable scénario alternatif permettant de remettre en cause le choix du site n’est présenté.

On nous parle de développement territorial alors que les acteurs économiques historiques des Confins risquent de supporter les principales nuisances.

On nous parle d’intérêt général alors que des propriétaires privés pourraient être directement affectés dans leur patrimoine et leurs activités.

Et enfin, on demande au contribuable français et aux collectivités locales de financer 13,5 millions d’euros pour transformer durablement un site naturel afin d’accueillir une compétition olympique temporaire.

Cette situation soulève une question essentielle de proportionnalité entre les avantages attendus et les atteintes portées au territoire, à l’environnement, aux activités économiques et aux droits des personnes concernées.

Les Confins ne sont pas un simple terrain disponible pour accueillir une infrastructure olympique.

C’est un territoire vivant, façonné par plusieurs générations, dont la valeur réside précisément dans l’équilibre qui a été construit entre activités humaines, agriculture, tourisme, sport et préservation des espaces naturels.

Cet équilibre doit être considéré comme un patrimoine collectif.

Il ne doit pas être sacrifié pour quelques jours de compétition.

Pour l’ensemble de ces raisons, je demande que soit émis un avis défavorable au projet d’aménagement du site des Confins dans sa forme actuelle, que son opportunité soit réexaminée et que soient étudiées de manière transparente des solutions alternatives, notamment temporaires, réversibles et moins coûteuses.

Je demande également que le présent avis soit intégralement versé au bilan de la concertation et que chacune des observations et demandes formulées fasse l’objet d’une réponse circonstanciée du maître d’ouvrage.

Les Jeux Olympiques doivent laisser un héritage au territoire.
Cet héritage ne peut pas être la dégradation irréversible de celui-ci.

Préserver les confins n’est pas refuser l’avenir.
C’est choisir quel avenir nous souhaitons laisser.